Un petit article sur l’aspect économique du livre à partir de quelques chiffres glanés çà et là afin de remettre les choses à leur place.

Je tiens à préciser que mes compétences en matière d’économie sont très réduites.

Je cherche juste à débroussailler le terrain.

 

Vivre de son art

Qu’il est difficile pour un écrivain de vivre de sa plume !

90 % des auteurs gagnent moins que le SMIC

pièces 2

Les deux tiers des écrivains exercent une autre activité afin de subvenir à leurs besoins (journaliste, enseignant, scénariste, chercheur, traducteur…) .

Les chiffres de l’autoédition sont difficiles à dénicher. Je n’ai pas trouvé d’étude globale. Mais, chez Librinova, par exemple, en 2017, le revenu moyen net de l’auteur était de 366 euros nets

.

En dehors de la fabrication du livre, l’auteur en autoédition doit prendre en compte d’autres paramètres tels que la correction, la création d’une couverture, l’affranchissement, les déplacements dans des salons… Que lui reste-t-il à la fin ? Mystère.

Quoi qu’il en soit, les chances pour un auteur inconnu de s’en sortir économiquement sont limitées.

 

Répartition du prix du livre

répartition prix livre

Il convient d’ajouter la TVA de 5,5 %

L’auteur reste le maillon faible de la chaîne du livre.

Combien faut-il vendre de romans à 20 euros HT pour gagner le SMIC  (1219 euros net au 1er janvier 2020)?

Selon mes calculs, pour un livre vendu à 20 euros, l’auteur touche 1,60 euro.

Il faut donc vendre 762 exemplaires par mois pour atteindre le SMIC, soit 9144 par an.

Combien d’auteurs vendent autant sachant qu’en 2016 le tirage moyen d’un livre était de 5341 euros en 2016 selon une étude publiée par le ministère de la Culture en 2018 ? Pas beaucoup.

Vivre de sa plume reste donc un rêve difficile à atteindre.

 

Palmarès des auteurs 2019

1 – Guillaume Musso : 1 435 955 exemplaires

2 – Michel Bussi : 946 008 

3 – Virginie Grimaldi : 755 819 

4 – Marc Levy : 744 544 

5 – Aurélie Valognes : 683 338 

6 – Raphaëlle Giordano : 631 609 

7 – Agnès Martin-Lugand : 592 279 

8 – Franck Thilliez : 585 072 

9 – Michel Houellebecq : 557 960 

10 – Valérie Perrin : 503 867

Je dois avouerque je n’ai lu aucun de ces auteurs en 2019. j’ai juste essayé un vieux Levy qui m’est tombé des mains. Je tenterai peut-être le Houellebecq un jour prochain.

 

L’auteur, un pigeon comme les autres

 

pigeons

J’espère que je n’ai pas écrit trop de bêtises, mais je tenais à éclaircir un peu la situation.

Le monde de l’édition est difficile à appréhender et trop souvent l’auteur est pris pour une vache à lait.

Pour la plupart des éditeurs/imprimeurs en autoédition, le client reste l’auteur et non pas le lecteur.

Peut-être que je n’ai pas encore trouvé la formule magique.

 

Mes lectures du moment

Haruki Murakami : Profession romancier

Un essai intéressant sur le métier d’écrivain. L’auteur y raconte ses débuts, ses méthodes de travail. Cet essai m’a rassuré, car j’y ai trouvé des points de convergence, comme l’absence de plan et les nombreuses relectures.

Petros Markaris : Liquidation à la grecque

Un polar grec sur fond de crise financière qui reste classique dans sa forme. L’enquêteur piétine pendant les quatre cinquièmes du livre pour trouver la solution dans les dernières pages. Seul le contexte change.

Philippe Lançon : Le lambeau

Un texte que j’ai mis du temps à commencer. L’auteur a survécu à l’attentat de Charlie Hebdo. Le livre tourne autour de cet évènement. J’approche de la centième page. Que dire de plus ? Il faut le lire pour mieux comprendre. Émouvant. Poignant. Terrifiant. La réalité dépasse parfois la fiction de très loin. Hélas.

Isabelle Autissier — Etik Orsenna : Voyage en Antarctique 

Le récit dépaysant du voyage en Antarctique des auteurs que je viens d’entamer.

Mes lectures se répartissent en deux catégories : celles du midi que je lis pendant la pause déjeuner, et celles du soir que je déguste au fond de mon lit, ou dans mon canapé. En ce moment, par exemple, « Voyage en Antarctique » est réservé au midi et « le lambeau » au soir. Pour le déjeuner, je privilégie des textes légers, découpés en chapitres courts qui permettent de m’y retrouver d’un jour à l’autre, car il n’est pas toujours facile de se concentrer au restaurant.

2019, bilan mitigé

 

Dans la série, « qu’elle est longue et accidentée, la route tortueuse de l’auteur qui mène au lectorat ! », voici un bilan de l’année écoulée.

Je n'ai pas écrit beaucoup d'article en 2019 pour des raisons professionnelles. En effet, pour moi, l'écriture reste un loisir et je dois donc travailler. Mon job a beau être alimentaire, j'essaie d'évoluer. Je passe des concours administratifs que je dois préparer. En 2019, cela m'a pris beaucoup de temps pour un résultat mitigé. Un jour peut-être, je vendrai des millions de livres. Mais pour l'instant, je dois bosser en attendant cette fichue retraite qui ne cesse de s'éloigner à mesure que je m'en approche.

Question littérature, 2019 restera un exemple de ces années où il ne se passe pas grand-chose. On essaie. On attend. On espère. On rate. On apprend. Mais on n’avance pas beaucoup.

Tout ça pour ça ?

En tant que lecteur, je ne me focalise pas sur l’histoire. Je ne suis pas un adepte des rebondissements, ni des coups de théâtre. C’est la raison pour laquelle je lis peu de polars en dehors de ceux de Fred Vargas qui a le don de s’attacher aux détails pour installer une atmosphère. En général, les révélations finales me laissent dubitatifs. Tout ça pour ça ? Je suis souvent déçu.

Je préfère m’attacher à l’ambiance, aux personnages, au sujet et au style de l’auteur. La meilleure des histoires présente peu d’intérêt lorsque ces ingrédients ne sont pas réunis. Inversement, de bons romans ne reposent pas sur une intrigue. Difficile de raconter 1Q84 de Haruki Murakami. Certains chefs d’œuvre peuvent se résumer en quelques mots. Madame Bovary. L’éducation sentimentale. Dans ces épais romans, l’histoire s’étire à n’en plus finir, mais à mon plus grand plaisir.

Pourquoi s’imposer des contraintes ?

En tant qu’auteur, je ne pars pas d’une histoire, mais d’un sujet, d’un personnage, de quelques scènes. Lorsque je commence à écrire je ne sais pas où les mots vont me conduire. Parfois, au bout d’une vingtaine de pages, je me rends compte que je n’ai plus rien à dire. Je suis bloqué. Les personnages ne m’inspirent plus. J’ai pris une mauvaise direction. Alors je jette l’éponge pour passer à autre chose.

Si je passe cet obstacle, le roman se construit petit à petit jusqu’à constituer un ensemble à peu près cohérent. Les personnages s’affirment. Certains disparaissent. Des thèmes se développent, empruntent une direction inattendue.

Parfois, c’est la structure du roman qui change. Un nouveau découpage s’impose. Un détail prend de l’importance, ouvrant de nouvelles perspectives. Il me faut alors tout reprendre, tout réorganiser.

Je ne construis pas de plan. Je ne rédige pas de fiche. Pourquoi s’imposer des contraintes ? Pourquoi s’obliger à suivre une ligne ? J’écris pour sortir du quotidien que je trouve trop balisé. Ce n’est pas pour m’inventer de nouvelles normes.

Le résumé

En contrepartie, je peine à terminer mes romans, n’ayant pas d’objectif à atteindre. En général, je préfère les fins ouvertes qui permettent au lecteur d’imaginer la suite. Je me refuse à proposer toutes les clés.

Au dernier moment une scène finale, vers laquelle je pousse mes personnages, finit par s’imposer. Originale. Imprévisible. Celle qui laissera le lecteur sur sa faim.

Autre point négatif, le résumé. Comment donner envie à un lecteur de se jeter sur mon chef d’œuvre ? J’ai beau chercher un angle, un point de vue, une intrigue, je sèche à tous les coups. Généralement les résumés que je fournis ne me satisfont pas. Ils ne reflètent qu’une partie du roman.

Déconstruire

Récemment un scénario m’a été réclamé pour « Les mazurkas ». Ce mot étant pour moi lié au monde du cinéma, j’ai mis du temps à comprendre la demande. Devais-je développer le pauvre résumé que j’avais déjà produit ? Devais-je extraire les dialogues ? Mystère et boules de gommes.

Après quelques hésitations, j’ai fini par proposer une intrigue où transparaît une ligne directrice. En en gros, une histoire. Compte tenu de la structure éclatée du roman, j’ai dû le déconstruire afin d’en extraire l’essence. A ma grande surprise, le résultat tient la route. J’ai créé une histoire.

Remettre à plat

Avec le recule, je pense que cet exercice n’a pas été vain. Il m’aura permis de remettre à plat Les mazurkas. J’envisage de renouveler l’expérience pour mon roman suivant, « Entre-deux » dont je viens d’achever le premier jet après un an d’écriture. Peut-être même que je rédigerai des fiches, le nombre de personnages ayant explosé par rapport aux mazurkas.

Mon apprentissage se poursuit.