Les affreux de la création

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Après une année de correction et neuf versions, mon nouveau roman « Les mazurkas » est enfin terminé.

Mais une question idiote se pose : Que vais-je en faire ?

Plusieurs options s’offrent à moi.

Amazon

Je fuis Amazon. J’évite d’ailleurs d’y acheter quoi que ce soit. Surtout pas des livres. Sa politique fiscale, sa façon de traiter les salariés, la destruction systématique des produits retournés. Autant de bonnes raisons pour éviter ce site qui cherche à engloutir le marché mondiale du commerce. Son président n’est-il pas l’homme le plus riche de la planète ?

Pour l’auto-édition, Amazon est pourtant devenu incontournable. Le mastodonte a dévoré ses concurrents sur ce marché juteux. Les quelques miettes qu’il leur reste leur permet à peine de survivre.

Monbestseller

J’ai diffusé deux romans, « La lignade » et « Mascara » sur le site Monbestseller sous deux pseudos différents. Ces textes m’ont apporté quelques commentaires constructifs.

Mais ce site qui se prétend gratuit ne l’est pas complètement. Si la première publication est bien gratuite, les autres ne le sont pas pour l’auteur qui souhaite publier sous le même nom. De plus, pour améliorer la visibilité des écrits, il faut acheter des « packs ». Je ne suis pas opposé à l’idée de payer à condition que cela m’apporte quelque chose. Cette logique consumériste me rebute.

Multiplier les pseudos permet ainsi de publier gratuitement, mais cette solution n’est pas satisfaisante, car les textes sont éparpillés.

D’autres sites existent sur le même principe. À chacun de les étudier.

www.oliv-ecrits.fr

Publier sur mon site personnel offre une liberté totale. En revanche, l’audience reste limitée, car je ne suis pas un as de la promotion. Je passe de moins en moins de temps sur les réseaux sociaux que j’utilisais jusqu’à l’année dernière pour m’informer. Les états d’âme des uns et des autres ne m’intéressent pas. Je me suis lassé des invectives et des débats sans fin.

Les algorithmes classent les informations selon une logique commerciale. Il ne faut pas se faire d’illusions. Les pages sont truffées de publicité. Chaque clic rapporte de l’argent à ces multinationales. Nous travaillons pour eux.

Aussi je m’informe désormais directement sur les sites que la presse propose. C’est plus pratique et je risque moins de rater les articles qui m’attirent. Depuis quelques mois, je me tourne vers le podcast, un médium en plein développement qui offre des points de vue différents.

J’utilise les réseaux sociaux pour ma propre publicité avec une audience limitée. Celui qui poste peu est peu lu. Une logique qui encourage l’addiction.

Le papier

De nombreux prestataires proposent d’imprimer les livres à des prix plus ou moins élevés. Des options permettent d’améliorer l’offre de base. À de rares exceptions, ces prestataires ne vendent pas de livres. Ils se contentent d’imprimer avec parfois un référencement sur les principaux sites de ventes sur internet. Le client n’est donc pas le lecteur, mais l’auteur. À lui de se débrouiller pour vendre sa marchandise, par la poste ou dans des salons.

Comment écouler un stock de livres quand on travaille, comme c’est mon cas ? Je ne suis pas un auteur professionnel.

En outre, je rencontre des problèmes techniques sur certains points tels que la couverture, le résumé et la promotion. Ces dernières années, j’ai acquis du matériel photographique. J’ai appris à retoucher les photos. Je manque d’idées. Je suis bloqué. J’utilise mes images pour illustrer les textes de mon site, mais je suis incapable, pour l’instant, de créer une couverture digne de ce nom.

Dans le passé, j’ai envoyé plusieurs manuscrits à des éditeurs sans succès. Les maisons d’édition reçoivent des milliers de manuscrits. Combien en lisent-ils ? De nouveaux auteurs apparaissent pourtant chaque année. D’où sortent-ils ? Ont-ils envoyé leur texte par la poste ? Connaissaient-ils quelqu’un de bien placé ? Mystère. Nous avons tous lu des livres qui ne présentaient aucun intérêt.

Des romans insipides. Des textes qui donnaient l’impression de ne pas avoir été relus.

Quelles solutions alternatives ?

Mes textes s’adressent à des adultes qui, pour la plupart, tout au moins dans mon entourage, ne lisent pas de livres numériques. Le papier reste leur support préféré.

Je déplore l’absence de solutions alternatives qui permettraient aux écrivains de publier leurs écrits dans des conditions acceptables tout comme je regrette le manque de solidarité entre les auteurs. Pourquoi ne se regroupent-ils pas pour inventer de nouvelles solutions ? Une telle association pourrait peser sur les libraires afin de les inciter à vendre nos livres. Pourquoi faudrait-il vendre entre quinze et vingt euros des livres qui ont été écrits par des inconnus ? Pourquoi ne pas mutualiser les expériences ? Ne pouvons-nous pas créer un nouveau modèle ?

Des questions sans réponses.

 

En attendant la suite, mon roman « Les mazurkas » se bonifie sur son disque dur.