Premier jet

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Point final

Premier jet. Première étape franchie. L’histoire est enfin terminée. Il n’y a plus rien à ajouter. Un beau point final achève le processus de création. Ouf !

Des mois de travail ont abouti à ce résultat. L’auteur peut alors laisser éclater son bonheur. Youpi ! C’est fini.

Une joie de courte durée.

 

Le plus dur reste à faire

De cette matière brute, il est nécessaire de bâtir une histoire qui se tient, extraire l’essentiel.

Il va falloir, corriger, trancher dans le vif, corriger, déplacer, ajouter, corriger, éliminer les incohérences, identifier les erreurs, corriger.

Je n’utilise pas de plan. Je me laisse guider par le récit. Je découvre mes personnages au fur et à mesure. Certains changent de noms. Quelques-uns s’imposent. D’autres disparaissent. Au fil des pages, leur caractère se précise, leur histoire s’épaissit. Les vides se comblent.

Un texte se construit à partir de quelques scènes, d’un personnage, d’un thème et surtout, d’une envie qui doit être plus forte que tout. Écrire n’est pas anodin. Cela réclame du temps, de l’énergie. Il faut affronter le doute, le manque d’inspiration. Même si je ne connais pas l’angoisse de la page blanche, l’écriture reste une épreuve de fond.

Et le plaisir dans tout ça ? Il est partout. Dans l’invention. Dans la découverte. Lorsque j’écris, le temps passe très vite. Je ne vois pas les heures filer, tout concentré que je suis à ma tâche. J’oublie mon environnement, le quotidien, les problèmes, la routine. Je fabrique un monde à partir de ma pensée. Je ne connais rien de plus euphorisant. Plus j’écris et plus j’ai envie d’écrire.

Pour en revenir à nos moutons, une fois le point final apposé, il me reste à mettre de l’ordre dans ce gloubiboulga. Chasser l’incohérence. Traquer la répétition. Fluidifier le texte. Supprimer les scories.

 

À la mano

stylo2Dans des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, bien avant l’invention du traitement de textes, j’écrivais mon premier jet à la main sur des blocs-notes (quatre, en général). Puis je recopiais le tout à la machine. Une étape que je mettais à profit pour peaufiner mon histoire, la version dactylographiée ne ressemblant guère à la version manuscrite. 

Aujourd’hui encore, il m’arrive d’utiliser le stylo et le bloc. Une technique désuète que je réserve aux week-ends et aux vacances. Un plaisir qui m’oblige à transcrire ensuite le texte comme je le faisais jadis.

 

 

 

Et après ?stylo

Un premier jet signifie que le texte tient debout malgré ses nombreux défauts. Toutes les scènes que j’imaginais forment un tout certes incohérent, mais un tout quand même. Cette histoire imparfaite commence pourtant à exister.

Vient ensuite le temps des corrections et de la multiplication des versions (neuf pour Les mazurkas, à ce jour). Mais c’est une autre histoire.